«Le seul vrai couturier», d’après Coco Chanel, «notre Maître à tous», d’après Christian Dior… Avec Cristóbal Balenciaga, la mode a connu le plus honnête de ses couturiers: quand à la fin des années 60, Balenciaga constate l’arrivée de tendances qui ne correspondent pas à sa vision de la mode, il décide de… fermer sa maison. Le temps de quelques mois, le musée Galliera rend hommage à Balenciaga et à sa créativité particulière, en présentant dans les locaux de la toute nouvelle Cité de la Mode et du Design, une exposition intitulée Cristóbal Balenciaga, collectionneur de modes.

Né en 1895 à Guetaria, petit village de pêcheurs de la côte basque espagnole, Cristobal a ouvert – à l’âge de 24 ans – sa première maison de couture à Saint-Sébastien, en Espagne. La guerre civile le fait fuir à Paris où il s’installe au 10, avenue George V et présente sa première collection. Suivent 30 ans de créativité sans limite aussi bien dans la haute couture que dans la parfumerie (souvenons-nous de ses fameux parfums Le Dix ou encore Eau de Balenciaga). En tant que créateur de vêtements, Balenciaga n’avait pas son pareil. Coco Chanel a dit un jour: «Balenciaga est le seul d’entre nous qui soit un vrai couturier. Lui seul est capable de couper un tissu, de le monter, de le coudre de sa main. Les autres ne sont que des dessinateurs».

Sans vouloir retracer de façon exhaustive le parcours du grand couturier espagnol, le Musée Galliera a choisi de se focaliser sur les sources d’inspiration de l’artiste. Plus de 70 costumes et pièces de vêtements, et une quarantaine de robes et de manteaux haute couture Balenciaga de sa période parisienne (1937-1968) sont mis en regard pour montrer de façon explicite l’influence de la mode d’antan sur les créations du couturier. Corps à baleines et casaquins, habits de lumière en satin, boléros en velours, collets et mantelets, robes à tournures, étoiles en cachemire, mantilles en dentelle, échantillons de broderie et de passementerie… tant d’éléments qui nous permettent de mieux connaître l’univers de Cristóbal Balenciaga. Hormis des pièces allant du XVIIIe au XXe siècle et faisant partie de la collection personnelle du couturier, on peut également admirer dans cette exposition des photos, des croquis ou encore des ouvrages d’art dont se nourrissait le créateur.

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                   Collection privée Cristóbal Balenciaga

La scénographie quant à elle est bien originale: elle reconstitue les réserves d’un musée de mode, d’ordinaire invisibles au public, avec de longues allées de vitrines munies de tiroirs. En se promenant dans ces allées, on passe soudainement de vêtements fortement inspirés par l’Espagne folklorique à des modèles qui nous font immanquablement penser à des habits de cérémonie religieuse (une rédactrice de Vogue a fait remarquer un jour qu’«assister à une présentation d’une collection Balenciaga était comme aller à la messe»). L’un des plus grands succès du couturier a été l’hiver 1939, lorsqu’il a présenté sa collection de robes de style «infante», inspirées des tableaux de Velázquez, Zurbarán ou encore Goya. Mais quel que soit le style de ses créations, on y retrouve toujours des attributs propres au style Balenciaga: les guipures et les dentelles (surtout, les dentelles noires), les broderies de perles de jais et de paillettes, des capes et des pèlerines, etc.

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                     Collection privée Cristóbal Balenciaga

On disait que Balenciaga était le seul couturier en Europe capable d’habiller les femmes grandes et petites, minces et grosses… Ce n’est pas pour rien que les plus élégantes femmes du monde, comme la Duchesse de Windsor ou la Princesse Grace de Monaco, ne juraient que par son nom! Quand, en mai 1968, Balenciaga ferme sa maison de couture, la presse écrit: «Balenciaga se retire et la mode ne sera plus jamais la même».

L’exposition est organisée à l’occasion du 40ème anniversaire de la disparition de Cristóbal Balenciaga (1895-1972).

Jusqu’au 7 octobre 2012
Les Docks Cité de la Mode et du Design
34, quai d’Austerlitz
75013 Paris